Paris, Paris, cache-cache du bonheur
« JE VOUDRAIS QUE QUELQU’UN M’ATTENDE QUELQUE PART » d’Anna Gavalda Nouvelle mise en scène du point de vue de l’homme qu’elle croise sur le boulevard Saint-Germain.
Saint-Germain-des-Prés, j’adore ce quartier avec ses petits bistros et cafés à chaque coin. Les intellectuels avec les journaux et livres dans leurs mains, cachant leurs visages non rasés ou bien pâle parce que ils ne sortent jamais de leur appartement avec le loyer de 48, juste pour prendre le café le matin au « deux Magots » ou « Lipp » ou l’apéritif le soir dans un des bars qui se cachent derrière un volet roulant qui est fermé jusqu'au coucher de soleil et qui sentent la fumée blanche des cigarettes qui sont été fumées la veille. J’aimerais bien avoir un appartement ici, dans le quartier le plus branché à Paris pour ceux, qui aiment la lecture comme moi, pour ceux qui ont l’argent et pour ceux qui admirent les belles femmes et qui sont en quête de leur amour de vie.
Quand on parle du loup, on en voit la queue. Cette fille là, débordée d’énergie, au bout de la rue, la peau rose, claire, lumineuse, ses cheveux bruns et longs, flottant dans la brise qui passe, les jambes longues et bronzées ainsi que lisse comme une glace dans la publicité de « Langnese », un livre dans sa main gauche, un sac à main qui semble avoir déjà 60 ans ou plus dans sa main droite.
Je me rapproche d’elle, c’est « Kennedy et moi » ce qu’elle lit…pas mal. Elle me regarde, elle a vu que j’ai fixé son livre, je lui souris d’une manière mystérieuse, mais en même temps sympathique. Elle me répond d’un sourire mutin, ce qui me donne une flèche de cupidon directement au cœur. Je sens mes jambes trembler et je renverse presque mon « café to go » que j’ai acheté au coin du « Lipp ». Elle continue à marcher jusqu’au feu rouge, des pas longues et élégants, elle ne se retourne même pas une seule fois vers moi, ce que réveille mon courage et avant que le feu passe au vert, je suis derrière elle. Je pose ma main, encore sûr de moi, sur son épaule, elle se retourne vers moi cette fois ci et elle me regarde avec ses yeux marron, profond comme la Forêt-Noire (j’ai vu déjà des reportages de la Forêt-Noire ; magnifique) et moi, je n’arrive même pas de parler avec ma voix charmante, ma voix laquelle j’utilise quand je veux être sûr d’avoir un rendez-vous le soir. Au lieu de cela, ma voix est plutôt haute, petite et pas du tout élégante. Comme si j’avais un chat dans la gorge. « C’est foutu » je pense, et le seul mot j’arrive à dire est : « pardon ». Rien que pardon. Mon dieu je veux mourir. Mon courage qui était là tout à l’heure s’en volé sans me prévoir et m’a laissé comme un idiot, ici, derrière cette belle femme, qui se demande ce que ce chauvin veut d’elle.
J’essaye de reprendre mon courage et pose la question si elle n’a pas, par hasard, envie de sortir avec moi ce soir pour prendre un verre de vin dans un petit bistrot à vins que j’ai vu hier. Bien sur, elle doute, mais elle me répond en disant que c’est un peu précipité, qu’elle ne me connait pas et cætera.
Je lui donne une raison, cette fois j’ai plus de l’aplomb, et elle accepte. Je suis fier de moi, trop fier.
A la maison, je me mets mes vêtements les plus chics que j’obtiens dans mon armoire, un cadeau de mon grand-père pour mon 18eme anniversaire. Dedans il y avait une veste en tweed, une veste coupée sur mesure chez « Old England ». Je connais des vêtements coupés sur mesure et je les adore. Peut être je peux convaincre avec mon bon goût de style ce soir…
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